Éviscération 029 — Roman gothique et fétichisme noir avec Natasha Beaulieu

Aujourd’hui, je vous présente une auteure que j’apprécie beaucoup : Natasha Beaulieu. Elle a fait ses débuts chez Alire avec la série Les cités intérieures, des romans gothiques à saveur fantastique. J’ai récemment relu le premier tome de la série, L’ange écarlate, avec autant de plaisir que la première fois. Par la suite, Natasha Beaulieu s’est intéressée à différentes formes de fétichisme comme les gants (Le deuxième gant) et les cheveux (Le Secret du 16 V). Mon favori personnel reste Regarde-moi, des histoires d’amour déviant bien noires et bien tordues.

Natasha a accepté de répondre au questionnaire d’Éviscération.

Quel est le roman qui a le plus inspiré ton travail?

Ouf! Comment répondre à cette question… À partir de quel âge?

Crash (J. G. Ballard), parce que c’est une vision extrême des perversions humaines dans un ensemble esthétique froid et détaché qui est à l’opposé de ma nature, mais pour lequel j’ai une fascination. Parce que la vision de Ballard, qui fusionne sexe, vitesse, technologie, accidents et cicatrices, provoque un sentiment de malaise et de questionnement inépuisable.

Mais en réalité, l’œuvre qui m’a le plus inspirée est le film Blade Runner. Après l’avoir vu, ma conception du monde, surtout du futur, s’est affinée. Blade Runner était pour moi la suite logique de l’avenir de l’humanité sans aucun doute. Et puis tout dans ce film me plait encore : scénario, musique, choix des acteurs, ambiance, décor, éclairage, costumes, etc. Je crois qu’une œuvre qui nous marque réellement, qui nous impressionne profondément quand on est jeune (j’avais 18 ans quand j’ai vu le film) reste éternellement ancrée en nous. La suite, Blade Runner 2049, est aussi exaltante que le Blade Runner de 2019. Même si j’en suis à une autre étape de ma vie, j’ai su me laisser imprégner de la vision de Denis Villeneuve, si respectueuse de celle de Ridley Scott. Elle me permet de continuer à visionner le futur non pas d’un œil pessimiste mais d’un œil réaliste. Bien sûr, nous sommes dans un contexte hautement esthétique, mais dans l’ensemble, les images ne sont pas si irréelles si l’on regarde certains endroits de notre planète.

Tu visites une librairie imaginaire et tu trouves le livre de tes rêves. De quoi parle-t-il?

C’est l’histoire de personnages qui sont tous déviants. Les vedettes du roman sont donc les personnages normaux. Je blague un peu. ;)

Il contient une histoire fantastique constituée de tous les rêves que j’ai faits depuis le jour de ma naissance, de toutes les idées d’histoires que je n’ai pas écrites et il met en scène tous les personnages que j’ai créés et ceux à venir. Il raconte ma vie humaine à travers tout ce que j’ai vécu. Le livre est une biographie, fiction, documentaire. Il est plein d’images, de sons, d’odeurs, de textures. Je ne sais pas s’il a un début et une fin. ;)

Le livre du futur est numérique et interactif. Tu le crées toi-même. C’est un livre dans lequel tu verses tout ce que tu veux lire, tout ce que tu aimes, ce qui t’allume. Une interface te permet de créer la base de l’histoire parfaite pour toi. Si tu veux, tu peux demander l’aide d’écrivains dont tu admires les œuvres, car il en existera encore quelques-uns.

En quelques lignes, imagine une histoire d’horreur.

Horreur gore : Un homme aime tellement sa blonde qu’il la grignote par petits bouts. Il la garde vivante le plus longtemps possible pour jouir de son festin. Elle essaie de se sauver. Craignant qu’elle réussisse, il finit par la cuire.

Horreur psychologique : Une petite fille décide de rendre fou son beau-père atteint de TOC. Il souffre atrocement si tous les objets ne sont pas à une place précise dans la maison. La petite fille s’amuse à les déplacer de manière subtile en évitant de se faire prendre, évidemment. Il devient de plus en plus fou.


La Maison des viscères à Québec et à Sherbrooke

En fin de semaine, nous sommes à deux évènements en même temps!

Comiccon de Québec

Samedi et dimanche, Jonathan Reynolds (Agonies et Écorché) et Frédéric Raymond (Jardin de chair et L’arbre maléfique) seront au Comiccon de Québec pour discuter d’horreur et vous proposer les livres de La Maison des viscères et des Six Brumes. Pierre-Luc Lafrance (Agonies et Écorché) se joindra à nous dimanche.
 
Salon du livre de l’Estrie

Le Salon du livre de l’Estrie commence le jeudi 12 octobre. Les livres de La Maison des viscères seront disponibles au kiosque des Six Brumes (213). Si vous cherchez un peu, vous pourrez rencontrer les auteurs Ariane Gélinas (Agonies et Écorché), Luc Dagenais (Exodes) et Éric Gauthier (Bizarro).
 
Ils annoncent de la pluie en fin de semaine! Vous n’avez pas d’excuses pour ne pas venir nous voir!