Éviscération 022 - Sorcière, momie, slasher et gorno dans Horrificorama

Nos amis des Six Brumes viennent de lancer la prévente de leur catalogue 2017. Un des titres intéresse particulièrement La Maison des viscères : le collectif Horrificorama. Le concept est simple : 15 auteurs ont écrit une nouvelle appartenant à un sous-genre d’horreur différent. J’ai demandé aux auteurs de nous parler du genre qu’ils ont choisi.

Réservez votre exemplaire dès maintenant sur le site des Six Brumes. Plus il y aura d’argent amassé pendant la prévente, plus vous allez en avoir pour votre argent. Au prochain objectif de sociofinancement, 15 illustrations de Émilie Léger seront ajoutées au collectif, une par nouvelle.

Et maintenant, place aux auteurs!

Élise Henripin et la sorcière…

Alors que je pense généralement à la sorcière comme à une femme forte en contrôle de sa sexualité, inflexible devant le patriarcat, celle de ma nouvelle est une hideuse vieille femme tout droit sortie d’un conte de fées. En fait, elle est inspirée par une histoire racontée par mon père quand j’étais petite. À l’approche de l’Halloween, j’insistais pour une histoire qui fasse peur pour vrai, et non quelque chose de joyeux à la Casper le gentil fantôme. De son récit, je ne me souviens d’à peu près rien, sinon de cette créature qui hantait les égouts : sans rien gâcher, je peux dire qu’encore aujourd’hui, j’ai tendance à me couvrir les oreilles avec une couverture pour dormir! Pour ceux et celles qui ont envie de redécouvrir les sorcières, deux films me viennent en tête : The Witch, œuvre récente de Robert Eggers dont l’hyperréalisme nous plonge dans la paranoïa de la Nouvelle-Angleterre puritaine, et Häxan, un documentaire scandinave de 1922 qui présente certaines séquences saisissantes où des femmes se pressent autour de démons grimaçants.

Geneviève Blouin et la momie…
Pour Horrificorama, je ne savais pas trop quoi choisir comme thème, n’étant pas une grande écrivaine d’horreur. Cependant, quand quelqu’un a mentionné « la momie » parmi les « créatures horrifiques classiques » pouvant être explorées dans une nouvelle, j’ai été séduite par cette idée, qui représentait tout un défi. En tant qu’historienne, j’ai souvent envie de brailler en voyant les énormités et les anachronismes qui entourent les histoires de momie. Je me suis donc demandé s’il était possible d’aborder cette créature-là d’une manière respectueuse du contexte historique et relativement originale. J’ai trouvé mon angle, puis bâti une intrigue reposant beaucoup sur l’angoisse et l’ambiance et… Ben, vous me direz si j’ai relevé le défi ou pas!

Vic Verdier et le slasher…
Le slasher n’a pas la cote, ces temps-ci, mais ces histoires-là ont quand même quelque chose de viscéral qui serre le bas du ventre. J’aime comment tout le monde en reconnait les codes; un slasher, c’est une histoire terrible de tous les jours, la petite escapade qui tourne au désastre. On y trouve le groupe de jeunes dans la forêt, le passé terrible qui ressurgit, la scène de cul au clair de lune, la mort qui arrive alors que le fun faisait à peine commencer… La « final girl »… L’envie malsaine de savoir comment la prochaine victime va crever… Le slasher, c’est un film que tu as regardé en cachette dans ton sous-sol et dont les images te suivent quand tu marches dans le bois, la nuit, des années plus tard. (Entre toi et moi, c’est aussi un genre d’histoire qui goute le plaisir coupable tout au long de l’écriture.) Suggestion de lecture : Maudits!, de Edouard H. Bond.

Luc Dagenais et le gorno…
Habituellement, le gorno (mot-valise résultant de la fusion de gore et de porno) est un genre plutôt associé au cinéma, à des films d’horreur où les scènes de torture ou de morts violentes sont outrageuses et complaisantes, et n’a rien à voir avec le sexe. Pour ma nouvelle, j’ai pourtant décidé de donner un sens littéral au mot gorno.

Pour moi, l’horreur ne doit pas être seulement une « saveur » ou un ton qu’on ajoute à un récit; l’horreur doit être intrinsèque à l’histoire que l’on raconte et doit reposer sur des tabous, des peurs ou des problèmes présents dans notre société ou notre psyché collective. La représentation de l’éros et du thanatos, l’hypersexualisation ainsi que l’objectivation du corps des femmes, thématiques présentes dans ma nouvelle, s’arriment parfaitement avec le porno gore.

Suggestions : Le film Deadgirl, de M. Sarmiento et G. Harel, ou encore le roman Flesh Gothic, de E. Lee (que j’ai découvert tout récemment).

Cliquez ici pour en apprendre plus sur Horrificorama.

À bientôt,

Frédéric Raymond, éditeur

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